Le marché publicitaire 2011 en hausse de 5,2% selon Kantar média
2011 s’est finalement achevée sur une hausse de 5,2% des investissements publicitaires bruts dans les médias, à 27,8 milliards d’euros, selon le bilan établi, hier 26 janvier, par Kantar média. « C’est une année très contrastée, souligne Corinne in Albon, directrice marketing Ad intelligence de Kantar média, avec de fortes disparités dans les évolutions des secteurs et des médias. Le premier semestre s’est montré encourageant (+7,1%), notamment sur les deux premiers mois qui ont enregistré une croissance à deux chiffres, avant un net ralentissement dès le mois de juin et une fin d’année difficile, voire en retrait sur le mois de décembre ».
Une année plutôt bonne pour la télévision, la radio et Internet, moins pour la presse et l’affichage
- Avec une hausse de 6%, la télévision reste le média le plus investi (avec des investissements bruts de 9,4 milliards d’euros) et l’un des plus dynamiques. Sa croissance est tirée exclusivement par l’essor des chaînes de la TNT, puisque les télévisions historiques sont légèrement en recul. Quant aux recettes du parrainage, elles sont stables.
- De son côté, la radio s’en sort également très bien avec une croissance de 6,2% en valeur (à 4,2 milliards d’euros), qui s’accompagne d’une hausse de 0,8% des volumes et de 2,1% du nombre d’annonceurs. Une performance due beaucoup à un mois de septembre exceptionnel (+17,3%) qui « représente à lui seul un quart du surplus d’activités de l’année », souligne Corinne in Albon.
- Internet (Kantar média s’intéresse au display) est le dernier média à tirer son épingle du jeu, avec une hausse de 7,6% de ses recettes brutes, à 3,5 milliards d’euros, en dépit d’un nombre d’annonceurs un peu moins important qu’en 2010.
- La presse finit l’année en hausse de 3,9%, à 7,7 milliards d’euros, en dépit d’une baisse des volumes, mais avec un nombre d’annonceurs en forte hausse (+5,2%) en presse magazine.
- L’affichage, enfin, est le seul média à enregistrer une baisse (-0,6%) de ses investissements publicitaires bruts, à 2,7 milliards d’euros, en raison des difficultés du grand format (-2,1%) qui représente encore plus de la moitié du secteur.
La distribution en forte hausse, l’alimentation et les télécoms en baisse
L’analyse par secteur traduit également de profondes disparités : quand la mode (+29,4%), la distribution (1er secteur annonceur : +16%), les services (+9,9%) et la banque-assurance (+7,7%) ont accru leurs investissements publicitaires -« très souvent sous l’impulsion des marques de e-commerce, qui viennent challenger les marques établies et les obligent à accroître leur pression publicitaire », analyse Françoise Hernaez Fourrier, directrice du planning stratégique-, les plus gros secteurs ont levé le pied. C’est le cas par exemple de l’alimentation (-4,1%), les télécommunications (-4,4%) et, dans une moindre mesure, l’automobile (+2,9%). Un signe : si Renault reste encore le premier annonceur français (avec 366 millions d’euros), il a réduit ses investissements de 14,2%.
Des segments de presse aux évolutions très contrastées
L’analyse de l’évolution des familles de presse traduit également des situations très contrastées. Quand les quotidiens gratuits d’information progressent de 24%, à 1,06 milliard d’euros bruts, les quotidiens régionaux reculent, en local, de 7% à 811 millions d’euros : un retrait que ne compense pas la progression du PQR 66 (+4,3%, à 552 millions d’euros). De son côté, la presse magazine voient ses recettes brutes croître de 2,2% (à 3,2 milliards d’euros) quand ses volumes baissent de 1,2%. Car le désinvestissement des annonceurs des télécoms, de l’alimentation, de l’hygiène-beauté, de la santé et des services n’est pas compensé par la montée en puissance de la mode, de l’immobilier, de la distribution, de l’automobile et de la culture-loisirs.
De la même façon, les quotidiens nationaux progressent en valeur (+3,5%, à 1,47 milliard d’euros) mais reculent en volume (-8,2%), avec un nombre d’annonceurs stable. Là encore, les secteurs annonceurs qui progressent (dans l’ordre la banque-assurance, la mode, l’informatique, les boissons et l’industrie) ne compensent pas ceux qui baissent : les télécoms, la culture-loisirs, l’automobile, la publicité financière et les services.
Didier Falcand