L’événement
La France agricole repense son hebdo papier
Les lecteurs de la France agricole ont découvert, le 17 juillet, un hebdomadaire papier totalement repensé, à la fois graphiquement et éditorialement. « C’est l’aboutissement d’une vraie transformation de notre offre globale, désormais Web first, qui repose sur un site, des newsletters, une application, disponible désormais sur IOS et, bien sûr, le print qui devient un espace de réflexion et de décryptage, nous explique Jonathan Havart, éditeur du pôle agriculture du groupe NGPA, dans un entretien aux Clés de la presse. Notre ambition est à la fois de consolider notre base d’abonnés et de capter de nouvelles audiences ». Décryptage.
10 mois d’étude
Cette nouvelle formule s’appuie sur dix mois d’études lecteurs et s’inscrit dans une réflexion globale d’évolution de la marque, désormais orientée Web first. « L’objectif est de proposer à nos abonnés, comme aux annonceurs, une nouvelle expérience, que ce soit en termes d’informations ou de services, précise Jonathan Havart. Chaque support répond à des attentes et une logique différentes ». Le site Internet constitue le carrefour des contenus éditoriaux et des services. L’application est centrée sur l’information, la réactivité et sa capacité à envoyer des notifications sur les nouvelles infos ou les nouveaux services. L’hebdomadaire, lui, devient le symbole du recul, de l’analyse, de la profondeur, du décryptage.
4 entrées principales
« Nous avons fait un choix radical, assume Jonathan Havart. De neuf entrées jusque-là, nous sommes passés à quatre rubriques principales, sans aucune brève ». La première concerne le traitement de l’actualité du secteur, avec la volonté d’en aborder moins (puisque l’information chaude est traitée sur le site et l’appli) mais de les décrypter davantage. C’est dans cette partie que l’on retrouve les interviews, les enquêtes, le courrier des lecteurs ou l’observatoire des marchés. La seconde entrée est consacrée au dossier de la semaine, dont le contenu a été « musclé ». Ensuite, comme son nom l’indique, Votre exploitation s’intéresse au cœur du métier des agriculteurs, que ce soit l’élevage, les grandes cultures, le machinisme et toutes les problématiques de droit et de gestion. Enfin, la quatrième partie, Côté perso, a été conçue comme « une respiration », avec des sujets sociétaux, mais aussi les voyages, les loisirs ou les recettes. « Elle doit nous assurer une prise en main supplémentaire du magazine », signale Jonathan Havart.
A la conquête de nouvelles audiences
Car l’objectif de cette refonte de l’offre de contenus et de services est de créer un réflexe quotidien (avec l’appli dont la version IOS est sortie la semaine dernière), de renforcer la valeur du magazine en sortant du suivi de l’actualité, de fidéliser les abonnés (93 000 aujourd’hui, dont le tiers sur l’offre numérique) et de capter de nouveaux publics. L’enjeu est d’autant plus important que la moitié des exploitations vont changer de main dans les sept à dix ans qui viennent. « La France agricole doit les accompagner dans cette transmission, comme dans l’installation des nouveaux agriculteurs, poursuit-il. C’est pourquoi nous diversifions nos formats, avec des podcasts, de la vidéo, une présence accrue sur les réseaux sociaux ou de nouveaux services ». A l’instar d’Agrifix, une plateforme SVOD BtoB dédiée au monde agricole, ou Lexagro, une nouvelle solution d’intelligence artificielle qui permet aux agriculteurs, comme à leurs fournisseurs ou leurs équipementiers, d’obtenir des réponses claires et immédiates à toutes les questions juridiques et de gestion qu’ils peuvent se poser (statuts d’exploitation, aides Pac, litiges, transmissions, veille règlementaire).
La nouvelle maquette, en particulier la nouvelle couverture, a aussi été pensée dans un but de renouer avec la vente au numéro, qui sera testée pendant un an, avec une présence accrue de la marque chez les marchands de presse. « Soit on décidait d’arrêter, soit on tentait d’en faire un autre outil de conquête », explique Jonathan Havart.
Un lancement estival assumé
Si le choix de la date (le 15 juillet pour l’appli sur IOS, le 17 juillet pour la nouvelle formule de l’hebdomadaire) peut surprendre, il s’explique par une activité très forte pour les agriculteurs. « Les mois de juillet et d’août sont loin d’être un temps mort pour le monde agricole, il est important que la France agricole soit présente sur cette période cruciale, souligne-t-il. Nos lecteurs ont plus que jamais besoin d’informations, notamment sur la météo, l’analyse des marchés ou la cotation ». Ces premières semaines vont aussi permettre d’affiner les réglages et de tenir compte des retours des lecteurs, avant de lancer une grande campagne de communication à la rentrée.
Didier Falcand




