Un anniversaire passé au crible
La Fédération internationale des journalistes fête son centenaire à Paris
Créée il y a tout juste 100 ans, la Fédération internationale des journalistes est la plus grande organisation représentative de journalistes professionnels au monde, puisqu’elle regroupe 188 syndicats et associations de journalistes de 148 pays différents, et s’exprime au nom de plus de 600 000 journalistes. Pour célébrer son centenaire, elle a choisi d’organiser son 32ème congrès cette semaine à Paris, là où est née. « Une évidence », estime Dominique Pradalié, qui vient d’achever quatre années de présidence, avant de céder les commandes lors de ce congrès.
Un idéal toujours d’actualité
Si la situation des journalistes a bien évolué en 100 ans, la Fédération internationale des journalistes reste fidèle aux ambitions d’origine de son fondateur, Georges Bourdon, grand reporter au Figaro : elle défend toujours la justice sociale dans les médias, des conditions de travail décentes pour toute la profession et la déontologie journalistique. Elle est d’ailleurs à l’origine de la Déclaration de Bordeaux (1954), de la Charte de Munich (1971), et de la Charte d’éthique mondiale des journalistes (2019). Avec le temps et l’émergence des nouvelles technologies, puis de l’IA, elle a évolué pour lutter contre la surveillance systémique des journalistes, la concentration des médias et les dangers que représente l’intelligence artificielle pour la profession. « Elle dénonce tout type de discrimination dans les rédactions, sur le terrain, en ligne et dans le contenu de l’information, et veille au respect des droits d’auteur, à la fois dans les pratiques journalistiques mais aussi dans la rémunération des journalistes », ajoute son secrétaire général, Anthony Bellanger.
Les deux priorités de sa feuille de route
Au-delà du travail quotidien sur le terrain (en Ukraine, à Gaza et sur tous les points chauds de la planète) et du fonctionnement interne de l’organisation (54 résolutions à adopter en trois jours), ce congrès est l’occasion d’aborder quatre thématiques principales (la surveillance, l’audiovisuel public, le climat et la précarité des journalistes) et d’affiner la feuille de route des quatre prochaines années. Après les commémorations, le 3 mai, lors de la journée mondiale de la liberté de la presse, le ton a été donné, hier 4 mai, lors de deux tables rondes organisées au théâtre de la Concorde, l’une sur l’importance du droit international, l’autre sur la maîtrise de l’intelligence artificielle. Sur le premier chantier, « notre ambition est de mettre sur pied une instance juridique internationale de défense des journalistes, avec des antennes locales appuyées sur notre réseau mondial », nous explique Dominique Pradalié. Sur l’IA, l’objectif est de mieux comprendre son utilisation dans les médias et de déterminer comment défendre le journalisme à l’heure où les plateformes IA « ont tendance à voler notre travail et à se comporter en colonisateurs, en nous piquant nos contenus pour les retraiter à leur façon et nous les revendre par la suite ».
Didier Falcand




