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La presse encore et toujours attaquée sur ses fondamentaux

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La presse encore et toujours attaquée sur ses fondamentaux

Le constat n’est pas nouveau, mais il est cruel pour la presse avec la publication, le même jour, hier 10 septembre, du bilan publicitaire du premier semestre (par le Bump) et des chiffres de diffusion et de fréquentation des titres et sites des éditeurs pour la période juillet 2025-juin 2026 (par l’ACPM). Dans les deux cas, la tendance globale est à la baisse : -6% pour ses recettes publicitaires nettes (582 millions d’euros au premier semestre) et -2,7% pour sa diffusion (par rapport à la période juillet 2024-juin 2025). Il y a de quoi s’inquiéter quand on sait que ces deux sources de revenus constituent historiquement les fondamentaux du modèle économique des éditeurs, même si certaines familles de presse, ou certains titres de presse, parviennent toujours à tirer leur épingle du jeu. Explications.

Un marché publicitaire en croissance… sauf pour les médias traditionnels

D’année en année, les bilans trimestriels du Baromètre unifié du marché publicitaire (Bump) font le même constat : le marché publicitaire continue de progresser (+5,6%, à 9,753 milliards d’euros sur le premier semestre), mais cette croissance est essentiellement tirée par le digital, quand les cinq médias traditionnels (la télévision, la presse, la radio, la publicité extérieure et le cinéma), eux, reculent et perdent des parts de marché. Le premier semestre 2026 ne déroge pas à la règle : si le cinéma (+7%, à 38 millions d’euros) et l’affichage (+0,2%, à 626 millions d’euros) ont plutôt bien résisté, la télévision (-6,2%, à 1,542 milliard d’euros), la presse (-6%, à 582 millions) et la radio (-3,5%, à 293 millions) sont en net recul. Le marché publicitaire est avant tout boosté par le digital (+12,3%, à 6,689 milliards d’euros), mais les médias traditionnels en profitent peu, puisqu’ils se partagent sur le numérique seulement 577 millions d’euros (en croissance de 7,2% sur le semestre).

Les recettes publicitaires de la presse quotidienne nationale en très légère hausse

Dans cet environnement baissier, seule la presse quotidienne nationale est parvenue à se maintenir au premier semestre, avec des recettes publicitaires nettes de 89 millions d’euros (+0,8% par rapport au premier semestre 2025). « C’est la famille de la presse la plus digitalisée, souligne Christine Robert, directrice déléguée de l’Irep. Cela lui permet de s’en sortir en dépit d’un recul de la publicité commerciale ». Toutes les autres familles présentent un bilan négatif : -7,8% pour la presse magazine (à 170 millions), -6,4% pour la presse quotidienne régionale (à 213 millions), -11,5% pour la presse hebdomadaire régionale (à 33 millions d’euros), -15,6% pour les digital publishers (à 23 millions) et -1,4% pour les gratuits (à 55 millions). Le constat est identique pour les volumes publicitaires, en recul de 9,9% sur le semestre selon Kantar. « Tous les segments sont en baisse, note Zaïa Ferhaoui, head of marketing & PR insights de Kantar média, mais les magazines résistent mieux ».

La diffusion et la fréquentation de la presse encore en recul

Avec un recul de 2,7% de sa diffusion totale et de 2,8% de la fréquentation de ses sites et applis, la presse résiste plutôt bien, selon ce bilan de l’ACPM, mais la tendance générale reste baissière, et il est difficile d’imaginer un retournement de tendance à cours ou moyen terme. Les éditeurs n’ont pas ralenti leur transformation numérique, mais la part des versions numériques dans la diffusion totale (32%) a atteint un palier et reste entre l’abonnement (41% de l’ensemble) et les ventes au numéro (20%). De même, si le digital est primordial en presse quotidienne nationale (79% de la diffusion de la famille), elle plafonne en presse magazine (29%) et en presse quotidienne régionale (26%).

En volume d’exemplaires diffusés, la presse magazine reste la première famille du marché avec 37% du total, devant la presse quotidienne régionale (36%) et la presse quotidienne nationale (19%), loin devant la presse quotidienne du septième jour, la presse hebdomadaire régionale et la presse professionnelle.

Les quotidiens nationaux encore à l’honneur

Comme dans le bilan publicitaire, seuls les quotidiens nationaux enregistrent une croissance de leur diffusion (+3,4% sur un an, à 506 millions d’exemplaires). Les versions numériques y progressent de 7,6%, à 400 millions d’exemplaires, et leurs sites et applications ont généré 8,5 milliards de visites sur l’année, en hausse de 2,6%. Toutes les autres familles de presse s’affichent à la baisse : -3,4% pour la presse quotidienne régionale et du 7ème jour, malgré une progression de 9,5% des versions numériques ; -2,2% pour les magazines (+5,7% des versions numériques) ; -2,7% pour la presse hebdomadaire régionale (+20,4% de ses versions numériques, sur de petits volumes) ; et -2% pour la presse professionnelle payante. Autre enseignement de ce bilan ACPM, la presse est essentiellement consommée, tous segments confondus, en mobilité (sites mobiles, applications mobiles et tablettes).

Les titres qui progressent le plus

Si la tendance globale de la diffusion est à la baisse, certains journaux et magazines, heureusement, parviennent à tirer leur épingle du jeu. Sur les 427 titres dont l’évolution est significative par rapport à juillet 2024-juin 2025, 84 sont soit stables, soit en hausse, et 47 affichent une progression de leur diffusion France payée supérieure à 2%. Les cinq plus fortes croissances reviennent à Challenges, en hausse de 71,56% (à 232 050 exemplaires), grâce à sa diffusion avec Nice matin et le Télégramme, Télé programmes (+17,5%, à 189 157 ex), Télé 15 jours (+15,68%, à 229 369 ex), la Gazette des communes (+11,75%, à 53 882 ex) et l’Equipe (+11,16%, à 254 954 ex). De même, l’Equipe magazine et l’Equipe dimanche se situent au 7ème et 9ème rang des progressions.

Plus loin dans le classement, on retrouve Society (+7,19%, à 43 397 exemplaires), le Figaro (+5,9%, à 397 194 ex), Philosophie magazine (+4,97%, à 36 834 ex), le Petit quotidien (+4,39%, à 24 984 ex), Idéat (+3,65%, à 28 131 ex), l’Humanité (+3,42%, à 40 996 ex) ou Libération (+ 3,34%, à 119 932 ex).

Un compte-rendu de la rédaction

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