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La presse vent debout contre la hausse des tarifs postaux

Publié le

Une stratégie passée au crible

La presse vent debout contre la hausse des tarifs postaux

Les éditeurs de presse ne décolèrent pas. Comme nous l’avions annoncé dans les Clés de la presse du 9 décembre, ils n’acceptent pas la hausse de 7% des tarifs postaux décidée de façon unilatérale par la Poste à compter du 1er janvier, et ils l’ont encore fait savoir, juste avant Noël, par le biais d’une tribune publiée dans leurs journaux. Et ils n’excluent pas des actions plus musclées.

Une tribune pour demander le respect de l’accord Etat-presse-Poste de 2022

Rédigé de façon collective par l’Alliance de la presse d’information générale, le Syndicat des éditeurs de la presse magazine (SEPM) et la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée (FNPS), le texte rappelle que « la presse est aujourd’hui plongée dans une profonde transformation sous l’effet du numérique, mais une partie importante de nos lecteurs reste attachée au journal papier. Plus de 2 millions d’exemplaires continuent à être livrés tous les jours », malgré un recul des ventes papier. « Cet équilibre fragile est aujourd’hui remis en cause par l’augmentation vertigineuse des coûts de distribution, et particulièrement par la perspective d’une augmentation brutale des tarifs postaux ».

Selon ces trois organisations professionnelles, qui représentent plus de 2500 publications, « une telle décision remettrait en cause, pour nos concitoyens situés dans les zones les moins denses du territoire, la disponibilité de leur journal ou de leur magazine à un coût raisonnable ». Ils en appellent à la Poste et à l’Etat, au titre du service public de distribution postale de la presse. « Qu’un gouvernement fasse évoluer les règles, c’est le propre de la démocratie, poursuivent-ils. Que les alternances modifient les priorités budgétaires, nul ne le conteste. Mais qu’un Etat ignore un accord qu’il a lui-même signé, négocié, paraphé, c’est autre chose. Le protocole de 2022 sur la distribution postale actait un équilibre : les éditeurs acceptaient une hausse tarifaire en échange d’une trajectoire prévisible jusqu’en 2027. Aujourd’hui, l’Etat et la Poste veulent s’en affranchir ».

La Poste et l’Arcep bottent en touche

Sollicitée par l’AFP, la Poste précise avoir activé il y a près d’un an « une clause de revoyure » de cet accord de 2022 sur le transport de la presse, face au déficit de cette activité pour l’entreprise publique. Elle met en avant la « très forte inflation en 2022, 2023 et 2024 » et l’insuffisante « bascule » vers le portage, en rappelant que la hausse de 7% des tarifs reste « très loin de résoudre la question du déficit de plus de 500 millions d’euros supporté par la Poste ». De leur côté, les organisations professionnelles contestent ce chiffre et affirment que « le renoncement à la distribution postale de la presse ouvre la voie aux déserts de l’information ».

Sollicitée, l’autorité de régulation (l’Arcep) préfère botter en touche. Si elle reconnaît que « l’évolution tarifaire de 7% envisagée par la Poste pour 2026 n’est pas conforme à celle projetée en 2022 sur la base des recommandations de la mission confiée à Emmanuel Giannesini et ayant fait l’objet d’un protocole d’accord portant réforme et programmation du service public de distribution de la presse papier abonnée entre les éditeurs de presse, la Poste et les pouvoirs publics », elle constate dans le même temps que « le déficit du compte de la mission (de service public de la Poste) devrait continuer à augmenter pour le prochain exercice ». Dans ce contexte, « l’Arcep invite l’ensemble des acteurs à mener des travaux sur la trajectoire pluriannuelle d’évolution des tarifs et de la compensation versée par l’Etat afin de permettre une résorption progressive du déficit de cette mission et de donner de la visibilité au secteur dans son ensemble. L’Arcep appelle plus largement à mener une réflexion sur l’évolution de la mission de service public de transport et distribution de la presse au regard des objectifs de politique publique, y compris l’accès à l’information et le pluralisme ».

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