Le coin des études
Le coût, financier et sociétal, de la désinformation
417 milliards de dollars. Tel est le coût de ce qu’a représenté la désinformation d’un point de vue économique, au niveau mondial, en 2024, selon une étude de Sopra Steria, dont les résultats ont été publiés la semaine dernière. Un montant comparable au chiffre d’affaires annuel de grandes entreprises technologiques ou à une part significative du PIB de certains États. « Cette étude montre que la désinformation n’est plus seulement un problème démocratique, estime Ayman Awada, directeur exécutif du vertical Services financiers du groupe Sopra Steria. Elle constitue désormais un risque économique massif pour les entreprises et pour les marchés. Avec l’industrialisation des manipulations informationnelles et l’essor de l’intelligence artificielle, les organisations doivent désormais considérer ce phénomène comme un risque stratégique ». Pour lui, l’enjeu est clair, il faut « passer de la prise de conscience à l’organisation d’une véritable résilience informationnelle en Europe ».
Au-delà de cette estimation globale, l’étude met en évidence plusieurs tendances. 1. La désinformation affecte désormais directement l’économie réelle : entreprises, marchés et consommateurs peuvent être ciblés par des campagnes de manipulation informationnelle. 2. Ces attaques se professionnalisent et s’industrialisent, notamment sous l’effet des technologies d’intelligence artificielle, qui permettent de produire et diffuser des contenus trompeurs à grande échelle. 3. L’asymétrie des forces est exacerbée : « la désinformation s’est structurée comme une industrie, elle rapporte à ceux qui la diffusent et coûte une fortune à ceux qui tentent de la contenir », souligne Ayman Awada. 4. L’impact de la désinformation ne se limite pas aux seules entreprises : les Etats, les systèmes de santé et les institutions publiques supportent également une part importante de ces coûts.




