Tendances presse
Le réseau des marchands de presse sous la barre des 19 000 points de vente
Deux ans après son élection à la présidence de Culture presse, Jean-Michel Detchart a profité, le 1er avril, du congrès annuel de l’organisation, pour dresser un bilan de son action et présenter les chantiers à venir. Comme chaque année, l’événement a aussi été l’occasion de faire le point sur l’évolution annuelle du nombre de points de vente et des ventes de la presse.
La rémunération des marchands de presse enfin revalorisée
C’était le sujet sur lequel Jean-Michel Detchart avait fait campagne il y a deux ans pour se faire élire à la présidence de Culture presse. Après des mois de négociations, sous l’égide de l’Arcep, le régulateur de la distribution de la presse, avec l’ensemble des acteurs de la filière, la nouvelle rémunération des marchands spécialistes est entrée en vigueur le 1er janvier. « Une avancée significative, a-t-il assuré. Les éditeurs ont su répondre à nos attentes ». Concrètement, la rémunération des spécialistes a augmenté de deux points (soit une hausse de 10%) pour les magazines, en passant en moyenne de 20 à 22%, ce qui représente un coût de 9 millions pour les éditeurs. « L’objectif est multiple, rappelle Sarah Jacquier-Pelissier, membre du collège de l’Arcep : cette revalorisation doit à la fois soutenir les points de vente en milieu rural, encourager l’augmentation de la taille des linéaires, inciter à la formation initiale et continue des marchands pour professionnaliser le réseau, et ouvrir le label « quotidiens ». Nous avons conscience que cette décision ne réglera pas tous les problèmes, mais c’est un signal concret en faveur d’une plus grande valorisation de cette profession ».
Place à la modernisation des magasins et à la formation des marchands
Si les marchands de presse devront attendre plusieurs mois pour en voir les effets, Culture presse n’entend pas ralentir sur la redynamisation et la modernisation des points de vente, sur les efforts de commercialité, sur la formation et la quête d’activités de diversification. Comme la refonte des kiosques parisiens ou des Maisons de la presse l’ont montré ces dernières années, ces modernisations ont un impact immédiat sur les ventes de la presse, qui retrouvent le chemin de la croissance. Selon une étude de la CRDP (la commission du réseau de la diffusion de la presse), les points de vente modernisés affichent un différentiel de 9 points avec ceux qui ne le sont pas. « Et l’impact ne se limite pas à la seule activité presse, insiste Jean-Michel Detchart. Toutes les autres activités, en particulier la diversification, en profitent largement ». Ce n’est pas un hasard si Culture presse multiplie les partenariats dans ce domaine, avec le livre, Panini, la Française des jeux ou la fédération des buralistes. C’est aussi ce qui explique la prochaine création, avec le SNDP (les dépositaires), d’une confédération de la vente. Car « notre avenir sera commercial », estime-t-il.
Le réseau continue de s’éroder
Le congrès de Culture presse est aussi l’occasion, chaque année, de faire le point sur l’évolution du réseau, qui ne cesse de s’éroder. 2025 ne déroge pas à la règle avec un passage sous la barre des 19 000 points de vente (18 781 très exactement au 31 décembre), en baisse de 3,2%, soit 628 magasins de moins (dont 345 spécialistes). « C’est préoccupant », reconnaît Jean-Michel Detchart, d’autant que cela s’accompagne d’un recul de 4,7% du nombre de linéaires (72,7 kilomètres de moins qu’en 2024) et de 4% des encaissements (-2,4% pour les magazines et -5,1% pour les quotidiens, selon le baromètre de Culture presse). Et la situation ne s’arrange pas en 2026, avec une baisse de 4,5% à fin février. Il n’y a guère que les ludiques à enregistrer une croissance de leur chiffre d’affaires.
Didier Falcand




