L’événement
Les enjeux du prochain congrès de la Wan-Ifra de Marseille
Le 77ème congrès mondial des éditeurs de presse, organisé par la Wan-Ifra, aura lieu à Marseille du 1er au 3 juin, sous l’impulsion du groupe CMA média, partenaire stratégique de l’événement. Un rendez-vous essentiel pour la presse, en particulier pour la presse française, puisque le dernier congrès organisé en France remonte à 1995. « Ce congrès intervient à un moment crucial pour l’industrie des médias, souligne Ladina Heimgartner, présidente de la Wan-Ifra et CEO de Ringier médias Suisse. Car les éditeurs sont aujourd’hui confrontés à un défi technologique avec l’irruption de l’IA, à un enjeu politique à l’heure où la liberté de la presse est de plus en plus menacée, et à un questionnement sur leurs propres modèles économiques ». Partenaire média de l’événement, les Clés de la presse va vous décrypter tous ces enjeux jusqu’au 1er juin prochain, avec un rendez-vous hebdomadaire, tous les mardis, dans cette newsletter.
Une plateforme de dialogue
Pour ce premier congrès organisé en France depuis 1995 (Paris a aussi accueilli le tout premier, en 1948), les organisateurs (la Wan-Ifra comme le groupe CMA média) ne veulent pas se limiter à trois jours d’échanges, de rencontres et de retours d’expériences. « Nous sommes là pour construire une plateforme de dialogue entre les éditeurs de presse, les acteurs de la tech et les responsables politiques », explique Ladina Heimgartner. « Ce congrès doit permettre de relier les mondes, renchérit Jean-Christophe Tortora, directeur général délégué de CMA média. Nous avons besoin du poids du collectif, de relier les industries de la presse et de rassembler. S’il n’existe pas de new deal entre la presse, les acteurs de la tech et les gouvernements, ce sera difficile ». Et quoi de mieux, à ses yeux, que la ville de Marseille, « une ville monde », carrefour de la Méditerranée, pour symboliser ce choix.
L’intelligence artificielle au cœur des débats
Les travaux des quelque 1000 participants attendus tourneront principalement autour de trois thématiques : l’intelligence artificielle dans les médias, le futur du journalisme et les modèles de revenu et de croissance. Les interrogations porteront par exemple sur la place à accorder aux créateurs de contenus, sur les nouveaux modèles de financement, les enjeux du search, les usages de l’IA dans les rédactions et le futur des newsrooms. « Je reste optimiste, assure Ladina Heimgartner. L’IA n’est pas la première disruption à laquelle les éditeurs sont confrontés. La révolution digitale et l’émergence des réseaux sociaux nous ont mieux préparés que les autres industries ». « Nous savons par exemple aujourd’hui qu’il faut protéger nos propriétés intellectuelles », précise Stig Orskov, le CEO de la Wan-Ifra.
Un enjeu démocratique
Au-delà des enjeux économiques et technologiques, le congrès va aussi poser la question de la souveraineté de l’information. Quand l’Europe parle d’autonomie stratégique en matière d’énergie ou de défense, la dépendance informationnelle devient un sujet politique majeur, et les pressions de Donald Trump pour faire sauter les outils de régulation nationaux et européens le montrent parfaitement. Pour alimenter le débat, une délégation européenne importante est attendue à Marseille, comme des responsables politiques français et européens. Comme le rappelle Jean-Christophe Tortora, « la presse n’est pas simplement un acteur du débat démocratique, mais l’une de ses conditions d’existence ».
Didier Falcand




