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La Société des droits voisins de la presse muscle son argumentaire

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La Société des droits voisins de la presse muscle son argumentaire

A l’heure où les plateformes rechignent à négocier avec les éditeurs de presse pour s’acquitter des droits voisins pour l’utilisation de leurs contenus, la Société des droits voisins de la presse (DVP) muscle son discours. Son président, Jean-Marie Cavada, a profité de l’assemblée générale du 24 juin pour présenter à ses adhérents, et à l’ensemble du marché, les résultats d’une étude, confiée à Médiamétrie, qui démontre, chiffres à l’appui, que la presse joue un rôle majeur dans l’information des Français, que ce soit via le print, ses supports digitaux ou ses réseaux sociaux. « Cela va nous permettre de challenger les arguments des plateformes dans les négociations, y compris sur le plan juridique », se réjouit Mélanie Loubersac, la directrice générale de DVP.

Des contenus de presse à la fois consommés, pertinents et engageants

La mission, confiée à Médiamétrie, visant à démontrer l’apport des contenus de presse dans l’information des Français a largement été atteinte. Que ce soit pour une recherche d’info en général, pour renseigner sur une actualité ou le nom précis d’un site, pour rechercher un lieu, un service spécifique, un sujet culture-loisirs ou un achat, dans le cadre professionnel ou scolaire, la presse est utilisée dans plus de 80 ou 90% des cas, et à une fréquence très élevée. « Le constat vaut aussi pour les réseaux sociaux de la presse, puisque les deux tiers des personnes interrogées sont en contact au quotidien avec des contenus de presse sur Facebook, Instagram et X, et la moitié des Français sur Linked’in et les autres réseaux sociaux », souligne Marine Boulanger, directrice des études stratégiques du pôle entertainment de Médiamétrie. Mieux, la presse favorise l’engagement, la confiance et les interactions (commentaires, like, partages) avec les internautes. « Ses contenus sont véritablement plébiscités, poursuit-elle. Ils sont jugés pertinents et de qualité, faciles d’accès et ergonomiques, avec des sources variées et garantissant un pluralisme de l’information ». Fermez le ban.

Des arguments utiles dans les négociations avec les plateformes

Cette enquête, très détaillée et très chiffrée, associée à une étude économique, réalisée par le cabinet PMP, offre à DVP des arguments utiles dans les négociations avec les plateformes. « Il est essentiel, et confortable, d’étayer nos convictions d’un certain nombre de données précises et suffisamment solides si l’on doit les produire en justice », reconnaît Mélanie Loubersac. « C’est une façon pour nous de nager en surface et d’exister face à des interlocuteurs internationaux qui ont tendance à nous ignorer, pour arriver à un meilleur partage de la richesse avec les plateformes », renchérit Jean-Marie Cavada. L’ancien député européen rappelle au passage « qu’il n’y a pas d’autre organisme de gestion collective, en France, pour la presse », et qu’avec ses 366 membres et ses quelque 900 publications, DVP représente 52 à 54% de la presse. Pour rappel, l’Alliance de la presse d’information générale n’a pas souhaité rejoindre ses rangs (contrairement au SEPM, à la FNPS et au Spiil).

Une montée en puissance progressive

Au-delà de muscler un discours avec des arguments étayés, ces études s’inscrivent dans une stratégie de déploiement et de croissance. En 2024, grâce à ses accords signés avec Google, Meta et, plus récemment, Microsoft, DVP a pu collecteur quelque 25 millions d’euros au profit de ses éditeurs, contre 10 millions une année plus tôt. Si la progression est forte, le montant reste encore modeste par rapport aux attentes. « De nombreuses plateformes refusent encore tout simplement de négocier, alors qu’elles en ont l’obligation par la loi, souligne Jean-Marie Cavada. Il est malveillant de leur part de faire croire aux décideurs politiques que la régulation est l’adversaire de l’innovation. Ce n’est pas le cas, bien au contraire : la régulation trace un cadre où les utilisateurs sont protégés et où les entreprises peuvent se développer ».

Le débat est le même avec l’émergence de l’IA générative : les outils développés par ces nouveaux acteurs utilisent aussi les contenus de la presse, et devront donc aussi reverser des droits aux éditeurs. Le combat de DVP ne fait que commencer.

Didier Falcand

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