La liberté de la presse se dégrade partout dans le monde, selon RSF
Plus de la moitié des pays du monde sont en situation « difficile » ou « très grave » sur le plan de la liberté de la presse. Tel est le principal enseignement du dernier classement mondial de la liberté de la presse de RSF. En vingt-cinq ans, le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas. « Ce qui veut dire que non seulement le travail des journalistes n’a jamais été aussi compliqué et dangereux, mais aussi que notre droit à tous et toutes à être informé n’a jamais été autant bafoué, déplore Thibaut Bruttin, le directeur général de l’association. Le journalisme est criminalisé à l’échelle internationale et le recul de l’indicateur légal en est une illustration : l’instrumentalisation de lois de plus en plus restrictives fait reculer le droit à l’information, y compris au sein des démocraties ».
Dans le même temps, le taux de population vivant dans un pays où la situation de la liberté de la presse est « bonne » a plongé, passant de 20% à « moins de 1% ». Seuls sept pays du nord de l’Europe, dont la Norvège en tête, font partie de cette catégorie. La France se classe 25ème, avec « une situation plutôt bonne ». Les Etats-Unis, qui avaient déjà basculé d’une situation « plutôt bonne » à « problématique » en 2024, année de la réélection de Donald Trump, perdent sept places et sont 64ème, « tandis que plusieurs pays d’Amérique latine plongent dans la spirale de la violence et de la répression ».
La plus forte baisse en 2026 est attribuée au Niger (120ème, -37 places), symbole de « la dégradation de la liberté de la presse au Sahel depuis plusieurs années », entre « les attaques de groupes armés et (les) juntes au pouvoir, écrit RSF. Certains pays étaient des fleurons de la liberté de la presse mais elle s’est profondément dégradée avec l’arrivée de régimes militaires comme au Mali (121ème) ou au Burkina Faso (110ème) ».




