L’événement
Surprise, Rossel s’apprête à reprendre le groupe Sud ouest
Petite bombe, hier 3 septembre, dans le paysage de la presse quotidienne régionale. La famille Lemoîne et le groupe Rossel ont annoncé être entrés en négociations exclusives pour la cession du groupe Sud ouest, éditeur du quotidien éponyme, mais aussi de Charente libre, de la République des Pyrénées, de Dordogne libre, ou encore de magazines comme Placéco et Terre de vins, au groupe belge qui possède en France la Voix du nord, l’Union-l’Ardennais ou Paris normandie. Si elle ne rencontre aucun obstacle, l’opération, estimée à une centaine de millions d’euros, pourrait être bouclée d’ici à la fin de l’année.
Une annonce surprise
Cela fait déjà plusieurs années que tous les acteurs de presse quotidienne régionale s’accordent à dire qu’il est temps de consolider le secteur… sans rien voir venir. L’annonce, hier 3 septembre, d’un projet de reprise de 80% du groupe Sud ouest (GSO) par Rossel a donc fait l’effet d’une bombe, d’autant que peu d’experts auraient misé, jusque-là, sur le fait la cinquantaine d’héritiers de Jacques Lemoine se mettraient d’accord sur une telle décision. Mais les difficultés rencontrées ces dernières années pour maintenir la rentabilité du groupe, en dépit de diversifications réussies (autour de l’audiovisuel, de l’événementiel et des services de marketing et de communication), ont permis « ce petit miracle », pour reprendre l’expression de l’un d’entre eux. « Dans un contexte où la consolidation est devenue indispensable pour assurer la pérennité des groupes de presse, le projet de rapprochement avec le groupe Rossel, lui aussi familial et indépendant, constitue un choix particulièrement cohérent, estime Olivier Cotinat, Pdg du groupe Sud ouest. Son expertise de la presse régionale et sa capacité à accompagner durablement ses titres, démontrées en France, comme en Europe, nous offrent une perspective solide pour écrire la suite de notre histoire, tout en restant fidèle à notre identité et nos valeurs : l’indépendance éditoriale, la qualité de l’information et la proximité avec nos territoires ».
La petite surprise vient aussi du côté du groupe Rossel, qui semblait avoir abandonné ces dernières années ses projets de développement dans l’hexagone après avoir échoué à reprendre le Parisien et le groupe Centre France-la Montagne.
Un nouveau poids lourd de la PQR
Cette opération, si elle parvient à son terme, permettrait la constitution d’un troisième acteur majeur en PQR derrière Sipa-Ouest-France (525 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025) et Ebra (479 millions d’euros), avec une activité cumulée de plus de 400 millions d’euros. Le groupe serait présent dans le Sud-ouest, les Hauts de-France, la Normandie et le Nord-est de la France, avec 3,4 millions de lecteurs papier par jour et une audience numérique de près de 230 millions de visites mensuelles. « Ce projet est majeur pour notre groupe, assure Bernard Marchant, administrateur délégué du groupe Rossel et président de Rossel France SA. Il confirme notre volonté de nous inscrire durablement dans le paysage médiatique français et de continuer à y investir. La presse régionale est le premier média de France. Dans un environnement profondément transformé et particulièrement concurrentiel, il est essentiel de lui donner les moyens d’innover, d’investir et de renforcer encore son rôle de média de proximité. Cela passe notamment par des rapprochements et des partenariats qui permettent de mutualiser les expertises et les capacités d’investissement, tout en préservant ce qui fait la force de nos médias : leur ancrage local et la proximité avec leurs audiences ».
Didier Falcand




