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Après le projet, RSF et l’Alliance publient le rapport SpinozIA

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Après le projet, RSF et l’Alliance publient le rapport SpinozIA

Seize mois après le lancement du projet Spinoza, dont l’ambition était de voir s’il était possible de développer des outils d’IA respectueux du droit à l’information et qui permettent d’épauler le travail journalistique sur des sujets denses et techniques comme le changement climatique (cf. les Clés de la presse du 17 mai 2024), RSF et l’Alliance franchissent une nouvelle étape avec la publication, le 10 février, du rapport SpinozIA, vers un journalisme augmenté et éthique. Ce document présente la méthode suivie pour développer un prototype utile au journalisme, respectueux de ses standards déontologiques, nourri d’une étude sur la perception de l’IA générative par les journalistes (un panel de 281 journalistes exerçant en France a répondu à un questionnaire conçu avec l’agence Econovia pour qualifier le rapport des journalistes à l’IA), et de recommandations. « RSF a à cœur d’ouvrir une voie éthique et responsable, où l’innovation n’implique pas la marginalisation du journalisme, note Thibaut Bruttin, le directeur général de RSF. Le projet Spinoza permet cela, en réaffirmant le rôle central des rédactions dans la sélection, la hiérarchisation et la production de contenus de qualité, et l’indiscutable valeur ajoutée des contenus journalistiques dans les systèmes d’intelligence artificielle ». « Avec Spinoza, nous prouvons qu’une approche collective, maîtrisée et transparente de l’IA est possible, renchérit Pierre Petillault, le directeur général de l’Alliance. Notre démarche ouvre une voie entre le rejet et l’adoption aveugle de l’IA, celle d’une innovation responsable au service du journalisme et de l’information ».

Pour les médias et les rédactions qui souhaitent s’emparer des outils d’IA générative pour produire de l’information, RSF suggère par exemple d’encadrer les usages et pratiques sur la base de références éthiques (comme la Charte de Paris sur l’IA et le journalisme) ; de développer des extensions du projet Spinoza ; d’initier des projets collaboratifs de développement d’outils d’IA entre médias ; et bien sûr de « respecter le droit voisin des éditeurs de presse et le droit d’auteur des journalistes ». Sur la conception des outils, le rapport recommande de nommer des responsables éditoriaux, de préciser qui est responsable de l’encadrement et de la supervision de l’entraînement des systèmes, de maintenir à jour les bases de données utilisées et de tracer l’origine de toutes les sources utilisées dans les bases de données. Enfin, RSF estime nécessaire d’adapter les prompts à chaque base de données, de définir les prompts de manière collaborative et de rester indépendants dans l’usage des modèles de langage.

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