Tendance
De la télévision traditionnelle à la vidéo à la carte
Dans son bilan de l’année TV, Médiamétrie a préféré cette année élargir son analyse à l’ensemble du marché de la vidéo. « Les frontières entre les acteurs s’estompent entre la télévision linéaire et les plateformes, leurs modèles économiques se réinventent, il y a toujours plus d’écrans connectés, et les usages évoluent très vite, souligne Laurence Deléchapt, directrice TV & cross-médias. Et la mesure d’audience doit éclairer ce marché et les stratégies de tous les acteurs ».
Une offre de contenus vidéo en forte hausse
En 2025, les Français ont passé 4h14 à regarder des contenus vidéo chaque jour. Si la télévision traditionnelle reste très puissante et demeure un pilier de la consommation vidéo totale, cela n’empêche pas la montée en puissance de la vidéo à la demande et des usages digitaux. « Avec une offre de contenus vidéo chaque année plus conséquente, qu’elle soit gratuite (télévision, vidéo en ligne) ou payante avec l’avènement des plateformes de SVOD, les pratiques vidéo des Français évoluent rapidement, analyse Isabelle Maurice, directrice études, veille et prospective à Médiamétrie. En 2025, 60% des foyers sont abonnés à au moins une offre payante ». Un chiffre en hausse de 8 points depuis 2021.
Il faut dire que l’équipement des Français en matière d’écrans ne cesse de croître : 94% des foyers sont dotés d’un smartphone, et 72% d’une télévision connectée, « ce qui a un impact sur la digitalisation des usages, note Laurence Deléchapt. Chaque jour, 16% des Français regardent un programme TV sur un écran digital à domicile (+20% par rapport à 2024), et 10% des abonnés à un service de vidéo à la demande y visionnent leurs contenus SVoD (+24%), quel que soit le lieu ».
Une consommation de plus en plus à la carte
Si 61% de la consommation des Français se fait encore sur la télévision en live, la vidéo on line (Youtube et les réseaux sociaux à 24%) et les plateformes (BVOD et SVOD à 15%) connaissent des croissances très fortes, et pas seulement chez les plus jeunes. « Tirées par les séries et les films, elles ont progressé de 17% en deux ans auprès des 35-49 ans, et de 21% chez les 50 ans et plus », précise Isabelle Maurice. Aujourd’hui, sur les plateformes, des acteurs traditionnels de la télévision (TF1+, M6+, France.tv) multiplient avec succès les possibilités de preview et de replay jusqu’à 28 jours. C’est notamment le cas pour la fiction, qui reste le moteur principal de cette pratique et concentre 98% des contenus les plus suivis en 2025. « La fiction représente 74% du temps de consommation des contenus en preview sur les chaînes TV et 44% en replay », ajoute-t-elle.
La mesure d’audience s’adapte à ces évolutions
Pour tenir compte de toutes ces évolutions, Médiamétrie cherche à adapter, depuis plusieurs années, la mesure d’audience. L’évolution a commencé avec la prise en compte, dans le Mediamat, depuis 2024, de la consommation TV sur tous les écrans (en dehors du poste de télévision) et hors du domicile, mais aussi avec le lancement, l’an dernier, de Watch, une mesure cross-média qui prend en compte les programmes des plateformes, là encore sur tous les écrans. « Nous étudions tout l’écosystème vidéo selon deux axes, précise Laurence Deléchapt : la mesure des marques éditeurs, quelle que soit la plateforme, et la mesure des players (agrégateurs et plateformes), quel que soit l’éditeur des contenus. En parallèle, on travaille sur une mesure des contenus sur Netflix, Disney et Prime vidéo. L’objectif est de proposer en 2026 des indicateurs similaires au Mediamat ».
Didier Falcand




