L’événement
Paris match magazine de l’année, selon le prix Relay & SEPM
Paris match a remporté, le 19 mai, le titre de magazine de l’année du prix Relay & SEPM, pour sa capacité à « susciter l’envie de lire » et « sa place de magazine incontournable grâce à la puissance de ses images, la qualité de ses reportages et ses couvertures percutantes », explique le jury. We demain, AOC, le Journal de Mickey, Sciences et avenir, l’Eléphant junior, Elle, Zèbres, Phosphore et l’Express sont les autres lauréats de ce millésime 2025-2026.
Le rôle sociétal et politique de la presse
A un moment où les éditeurs de presse sont sérieusement chahutés sur leurs fondamentaux, avec un recul de leur diffusion et de leurs recettes publicitaires, le prix Relay & SEPM des magazines de l’année, qui met en avant la créativité de la presse magazine, et dont les lauréats ont été révélés le 19 mai, « est un rendez-vous anti-sinistrose assumé, souligne François Claverie, le président du SEPM (et par ailleurs vice-président directeur général du Point). Il montre que l’audace éditoriale paie ». « Dans un paysage très chahuté, ce palmarès montre que la création existe dans la presse, que ce soient des titres récemment lancés ou de vieilles institutions capables de se renouveler, renchérit Mercedes Erra, fondatrice et présidente du conseil de surveillance de BETC et inamovible présidente du jury. A ne pas défendre la presse, nous avons beaucoup à perdre, car il existe un lien entre la santé de la presse et la liberté ». Elle a d’ailleurs profité de l’occasion pour « lancer un appel aux annonceurs ». Pour elle, « ils ont une responsabilité à investir dans les médias de contenus en France ».
Paris match salué pour son « excellence éditoriale » et « la puissance de sa marque »
Après le 1 hebdo en 2023, Philosophie magazine en 2024 et l’Eléphant en 2025, c’est Paris match qui remporte cette année le prix du magazine de l’année. « Il confirme sa place de magazine incontournable grâce à la puissance de ses images, la qualité de ses reportages et ses couvertures percutantes, estime le jury. Il suscite l’envie de lire, notamment avec sa façon de rendre hommage avec une émotion sincère qui parvient toujours à toucher le lecteur ». Les jurés ont notamment été sensibles à ses « interviews exclusives à forte résonance », dont Donald Trump à l’occasion de la réouverture de Notre-Dame, ses hommages aux personnalités disparues telles que Thierry Ardisson ou Robert Redford, ou ses grands reportages exclusifs comme l’enquête sur les mariages forcés en Irak. « Cette distinction s’inscrit dans la continuité de l’étoile ACPM obtenue en avril dernier, qui récompensait la plus forte progression continue de la fréquentation de notre marque numérique en presse magazine d’actualité, renchérit Jérôme Béglé, le directeur des rédactions de l’hebdomadaire. Elle confirme également les performances historiques enregistrées depuis le début del’année, en print, digital et sur les réseaux sociaux. Elle valide un modèle éditorial capable de conjuguer exigence journalistique et adaptation aux nouveaux usages. Dans les semaines et les mois qui viennent, nous allons continuer à enrichir nos formats et développer de nouvelles expériences pour renforcer notre lien avec nos publics ».
We demain, coup de cœur du jury
Le jury a aussi décerné son prix coup de cœur à We demain, qui « propose un travail éditorial remarquable, alliant enquête de terrain, originalité dans la recherche d’idées et véritable plaisir de lecture ». Une reconnaissance pour le repositionnement effectué par le groupe Uni-médias depuis son rachat du titre auprès de son fondateur, François Siegel, fin 2024. Centré à l’origine sur l’écologie et l’environnement, We demain se veut aujourd’hui « une marque qui parlent des transitions de manière positive, souligne Olivia Recasens, la directrice de la rédaction. Nous continuons à parler d’écologie et d’environnement, mais aussi d’éducation, de santé, de technologies, de travail ou de mobilité, mais sans catastrophisme et en allant dans les territoires ». Pas question d’être militant ou donneur de leçons, la rédaction cherche à apporter des solutions, en donnant de l’inspiration, du décryptage, pas seulement des réponses technologiques. « Ce prix, comme le bon niveau de nos ventes, montre le désir des lecteurs de lire des journaux qui prennent le temps d’informer, estime-t-elle. C’est encourageant pour la presse ».
Les autres lauréats
Les autres prix ont été décernés à AOC (meilleur lancement) pour « son audace à décliner une marque numérique en papier » ; à Elle (meilleure enquête) pour un sujet au long cours sur « l’affaire Jean Imbert », un travail « rigoureux et important pour notre société » ; à Zèbres (le magazine de la neurodiversité) pour son engagement éditorial ; au Journal de Mickey (meilleur hors-série) ; à l’Eléphant junior (magazine jeunesse) ; à Sciences et avenir (magazine passion) ; au format numérique de Phosphore ; et à l’Express (meilleure couverture) pour « le vertige d’un nouveau monde », mettant en scène Donald Trump après avoir humilié Volodymyr Zelensky à la Maison blanche. Contrairement aux autres prix, décidés par le jury, ce dernier a fait l’objet d’un vote, auprès du grand public, dans les Relay, qui a mobilisé 50 000 personnes (contre 20 000 les années précédentes.
En guise de coup de pouce, les lauréats vont bénéficier, du 11 au 24 juin, d’un dispositif de promotion dans 300 magasins Relay partout en France, ainsi que d’une campagne nationale imaginée par Madame Bovary, déployée à 360° en print et digital.
Didier Falcand




