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Plans sociaux et suppressions d’emploi s’accélèrent dans la presse

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L’événement

Plans sociaux et suppressions d’emploi s’accélèrent dans la presse

L’annonce, le 10 avril par le groupe Centre France, d’un projet de transformation prévoyant la suppression de 152 postes (sur 1600), moins de 24 heures après celui de Bayard, qui anticipe une soixantaine de départs (cf. les Clés de la presse du 10 avril), montre bien à quel point les éditeurs de presse, et les médias dans leur ensemble, sont fragilisés par la baisse de leurs ressources traditionnelles (la diffusion et la publicité). Ces deux groupes viennent s’ajouter à une liste déjà longue de plans sociaux et suppressions d’emploi, annoncés ces dernières semaines ou derniers mois, dont Jean-Marie Charon a fait une synthèse, le 9 avril à Tours, lors de la présentation de la 12ème édition de son baromètre social des Assises du journalisme. Inquiétant.

Le projet de transformation de Centre France prévoit la suppression de 10% de ses effectifs

Moins de 24 heures après l’annonce, le 9 avril par le groupe Bayard, d’un plan d’économies de ses dépenses externes et l’ouverture d’une information en vue d’une consultation des CSE de Bayard SA et Milan « pour la mise en place de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE), précédés d’un plan de départs volontaires, et susceptibles de concerner jusqu’à 59 postes, soit 5% des effectifs du groupe en France », le groupe Centre France a annoncé, le 10 avril, un « projet de transformation ambitieux pour garantir sa pérennité économique et consolider sa vocation d’information locale de référence ». Ce projet, soumis à consultation des instances représentatives du personnel, vise 13 millions d’euros d’économies annuelles et un chiffre d’affaires stabilisé à 156 millions d’euros en 2028 (contre 158 millions en 2024).

La dégradation des comptes (un excédent brut d’exploitation négatif de 4,3 millions en 2025) impose « une rationalisation des organisations (-152 postes, sur 1600), des synergies au sein du groupe et un contrôle strict des coûts », reconnaît Francis Gaunand, le nouveau directeur général recruté fin 2025, pour qui « l’inaction serait le plus grand risque pour nos titres et notre mission de service aux territoires ». Mais il promet dans le même temps des investissements pour accélérer la croissance numérique et de la diversification, afin d’attendre 15 millions d’euros de revenus numériques et diversifiés d’ici à 2028. « Le groupe ambitionne de devenir une véritable plateforme média territoriale avec des services locaux, enrichie par l’intelligence artificielle, la data et où le papier demeure », ajoute-t-il.

Un baromètre social des Assises très copieux en 2026

Ces annonces coincident avec la présentation, lors des Assises du journalisme, du traditionnel baromètre social de l’année par Jean-Marie Charon. Et, comme chaque année, ce dernier n’est guère réjouissant puisqu’il liste tous les plans sociaux et projets de réduction d’effectifs de ces derniers mois. Citons pêle-mêle un plan d’incitation au départ à la retraite de 50 à 70 personnes et de réduction des coûts des journalistes expatriés à l’AFP ; un plan de départs volontaires de 15 postes, doublé d’un plan sénior de 15 postes au Figaro ; « une situation tendue et conflictuelle, avec judiciarisation des relations sociales, à propos de l’organisation de la rédaction de l’Equipe » ; une réduction des effectifs en cours à 20 minutes (sans compter l’ouverture d’une clause de cession suite au rachat des parts de Ouest-France par Rossel) ; la suppression d’une trentaine de postes au Parisien dans le cadre d’un GEPP (avant d’autres annonces attendues suite à l’arrivée de Michèle Benbunan à la direction du groupe les Echos-le Parisien) ; un PSE de vingt salariés au Courrier picard (propriété du groupe Rossel, qui vient de fermer sa chaîne de télévision locale Weo) ; ou encore l’annonce aux représentants du personnel de Prisma média d’un plan de suppression de 261 postes, dont 90 journalistes, soit 40% de l’effectif total. Toujours en presse magazine, CMI France a annoncé un projet de plan social visant 87 postes dans les différents médias du groupe, et le Point un plan de sauvegarde de l’emploi avec 24 suppressions nettes de postes. Enfin, ces derniers mois ont aussi été marqués, rappelle Jean-Marie Charon, par de nombreux redressements judiciaires, notamment à Première, Public, le Nouvel économiste, le Revenu, le Journal des arts, ou le Quotidien de la formation.

Arnaud Blanc

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