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« Le cœur du projet de 20 ans plus tard reste le papier »

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Coup de fil à… Delphine Plisson

« Le cœur du projet de 20 ans plus tard reste le papier »

Romain Jubert et Delphine Plisson lancent, le 11 avril, en partenariat avec Uni-médias, le magazine 20 ans plus tard. Un magazine généraliste destiné aux femmes de plus de 45 ans au ton résolument positif. Avec un tirage de 100 000 exemplaires pour le premier numéro, l’éditeur montre clairement son ambition. « Le potentiel est là avec plus de 16 millions de femmes de plus de 45 ans, nous explique Delphine Plisson. A nous de les séduire ».

Les Clés de la presse. Comment avez-vous eu l’idée de lancer ce titre ?

Delphine Plisson. Il n’existe pas de titre de presse destiné à cette cible de femmes de 45 ans et plus, et encore moins de médias qui ont ce ton, avec un peu de légèreté, qui abordent la vie de façon positive et engagée. En général, les médias féminins qui s’adressent à cette tranche d’âge parlent ménopause et chirurgie esthétique. Or, il y a 16 millions de femmes de plus de 45 ans en France, et elles ont une chance folle de bénéficier d’une tranche de vie bonus que nos mères n’avaient pas. A cet âge, nous sommes encore pleinement dans l’action et dans la vie, les enfants commencent à être indépendants et on gagne un peu mieux notre vie qu’à 16 ans. Résultat, nous avons tous les avantages d’êtres adulte sans aucun inconvénient d’être vieux. Une sorte de nouvelle adolescence que l’on peut apprécier et savourer : ni dans la nostalgie de notre jeunesse, ni dans l’angoisse de ce qui nous attend, juste profiter du moment présent. C’est d’ailleurs le titre (La vie c’est maintenant) du premier numéro de 20 ans plus tard.

Quel est le contenu de 20 ans plus tard ?

D.P. C’est un magazine clairement généraliste, il parle de culture, d’allure, de bien-être, de santé, de cuisine, de décoration, de tourisme. En réalité de tout ce qui fait nos vies au quotidien et dont on parle entre nanas dans un dîner. Avec un trimestriel, nous ne sommes pas soumis aux tendances et aux actualités des uns et des autres, on peut se permettre d’avoir du temps long et d’aborder des sujets hors de l’actualité. Cela nous donne une vraie liberté et la possibilité de faire des enquêtes assez longues, des reportages, des interviews fleuves. Mais il y a aussi des dossiers un peu plus pratiques, comme la gestion de patrimoine, les aidants, toujours avec beaucoup de sérieux sur le fond et de la légèreté sur la forme, parce que rien n’est grave sauf la fin.

Concrètement, le magazine est constitué de deux pôles, être et agir. Etre parle de culture, d’allure, de beauté et de bien-être ; agir de tout ce qui nous donne envie pour continuer à apprendre, découvrir, c’est-à-dire la gymnastique, le sport, le jardinage, la décoration ou la cuisine. Au final, l’ensemble fait 15 pages, plus un poster de quatre pages de pilate.

Pourquoi avoir choisi ce titre, 20 ans plus tard ?

D.P. C’est un clin d’œil à 20 ans, le magazine iconique de ma génération, qui parlait déjà de mode, de musique, de cinéma, de culture, de voyages, avec un ton particulier.

Pour la rédaction, vous avez fait appel à une trentaine de femmes. Comment les avez-vous choisies ?

D.P. C’est un mélange de journalistes de presse écrite et de femmes de la société civile, qui ont une réelle légitimité et une communauté. Je suis allée chercher des femmes avec des parcours de vie, des chemins professionnels suffisamment puissants, qui ont envie de transmettre leur énergie, leurs connaissances, leurs expériences. Ce sont des femmes engagées, mais le magazine, lui, ne l’est pas vraiment, sinon sur la joie de vivre. Réalisée par des femmes, il est bien sûr féministe, mais pas dans la revendication, plus dans l’exemplarité.

Pourquoi avez-vous conclu ce partenariat avec Uni-médias ?

D.P. Avec Romain Jubert, avec qui je coédite 20 ans plus tard, nous savons concevoir un magazine, une maquette, une grille, ou aller chercher de la publicité, mais nous avions besoin d’un partenaire pour le back-office : l’impression, la diffusion, la promotion. Comme pour Vieux, que Romain édite avec CMI France, nous avons rencontré Uni-médias de façon naturelle, et ils nous apportent leur savoir-faire et leur expertise, par exemple pour la vente au numéro et la promotion. Le magazine est soutenu par un gros dispositif, avec une mise en avant chez Relay et Nap, des dos de kiosque sur le réseau parisien, et nous avons déjà de bons échos en presse, radio et télévision.

Avez-vous imaginé, à côté du magazine papier, un pendant numérique ?

D.P. Pas vraiment, à part une page Instagram dédiée, et les grosses communautés digitales de nos contributrices. Mais le cœur du projet reste le papier.

Quels sont vos objectifs de vente ?

D.P. Nous n’avons de limite. Le premier numéro de Vieux avait été vendu à 80 000 exemplaires, mais à moyen terme, une diffusion de 30 000 à 40 000 exemplaires serait une bonne chose (sur un tirage initial de 100 000 exemplaires, dont 80 000 chez les marchands de presse, NDLR). Le potentiel est là : à nous de séduire cette génération de femmes.

Propos recueillis par Didier Falcand

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