L’événement
La FNPS veut faire reconnaître la presse de la connaissance et du savoir
Réélu le 19 juin à la présidence de la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée (FNPS) pour un deuxième mandat de trois ans, Jean-Christophe Raveau en a profité pour rappeler que la conjoncture économique et « plusieurs décisions malvenues » ont sérieusement fragilisé cette famille de presse. C’est pourquoi il a proposé à ses membres, pour ce nouveau mandat, « d’orienter notre action vers la reconnaissance officielle et réglementaire d’une définition de la presse de la connaissance et du savoir ». Explications.
Un constat alarmant
Si toutes les familles de presse sont sérieusement fragilisées par la baisse de leurs diffusions, le recul de leurs recettes publicitaires ou l’émergence des nouveaux acteurs de l’IA (après celle des plateformes numériques qui ont aspiré les investissements des annonceurs), « la presse spécialisée et professionnelle ne traverse pas des turbulences passagères, souligne Jean-Christophe Raveau, elle subit aussi un changement profond de paradigme. Et c’est dans ce contexte que plusieurs décisions malvenues doivent nous interroger sur la prise en considération de notre forme de presse dans l’écosystème de l’information français ». Une référence très claire à la hausse de 7% des tarifs postaux (imposée par la Poste et actée par les pouvoirs publics) « au mépris des accords passés », à la réduction des fonds du FSDP (le fonds stratégique pour le développement de la presse), « amputé considérablement pour financer notamment la restructuration des imprimeries de la presse quotidienne », ou encore à la difficulté pour les éditeurs de presse spécialisée d’être éligibles aux droits voisins des titres CPPAP. « Face aux lobbies des plateformes, le gouvernement et une partie de la représentation nationale ont bel et bien montré leur déconcertante frilosité, estime-t-il. Et chaque jour qui passe sans protection effective, nos contenus sont pillés, sans rémunération, au profit d’acteurs qui valent des milliards ».
Une quête de reconnaissance
Devant cette situation et forte de la conviction « que notre secteur a quelque chose d’irremplaçable à offrir à la société française : le savoir et la connaissance mis en forme et vérifiés par des éditeurs, des journalistes et des auteurs talentueux, rendu accessible au plus grand nombre, pour le bien du plus grand nombre », la FNPS monte au front pour obtenir « la reconnaissance officielle et réglementaire d’une définition de la presse de la connaissance et du savoir, une définition qui dise, noir sur blanc, ce que nous sommes, ce que nous faisons, et pourquoi nous méritons une attention particulière dans les politiques publiques de soutien à la presse ». A l’heure des coupes drastiques dans les aides à la presse, les éditeurs de presse spécialisée et professionnelle ne veulent plus être considérés « comme une variable d’ajustement budgétaire ». C’est donc le bon moment, rappelle Jean-Christophe Raveau, « pour tenter de sanctuariser la presse de la connaissance et du savoir qui ne mérite certainement pas, pour le bien commun, d’être servie en dernier quand les arbitrages sont serrés ». Surtout à moins d’un an de l’élection présidentielle.




