Coup de fil à… Denis Carreaux
« Le journalisme a pleinement sa place sur les nouvelles plateformes »
Après douze années au Parisien, puis seize ans à la rédaction en chef, puis la direction des rédactions de Nice matin, Denis Carreaux se lance, en partenariat avec Greenbull média, dans une nouvelle aventure journalistique. Pile ou face est un format long d’interview et de conversation, diffusé d’abord sur Youtube (https://www.youtube.com/@pileoufacemedia), puis prolongée en extraits et en séquences fortes, sur les réseaux sociaux. « J’avais envie d’explorer de nouveaux terrains de jeux, de tester de nouveaux formats, nous explique-t-il. Le journalisme a sa place sur ces nouvelles plateformes ». Entretien.
Les Clés de la presse. Comment est née l’idée de ce nouveau rendez-vous ?
Denis Carreaux. Après mon départ de Nice matin, j’ai visité les studios de Greenbull média-Recordia, sur la promenade des Anglais, dans lesquels ils créent, distribuent et monétisent de nouvelles marques médias, en s’appuyant sur des réseaux sociaux. Et j’y ai vu l’opportunité de concilier deux univers : celui d’un journalisme classique, que j’ai pratiqué toute ma carrière, qui repose sur l’exigence de qualité et la mise en perspective de l’information, et l’émergence de nouveaux formats vidéo qui apportent la force de l’image, la facilité de conversation, la facilité de diffusion et la puissance d’un rendez-vous incarné. C’est ainsi qu’est né le projet Pile ou face. J’avais envie d’explorer de nouveaux terrains de jeux, de tester de nouveaux formats.
Quel est son concept ?
D.C. Pile ou face est un format long d’interview, de 45 minutes à une heure, construit sur le mode de la conversation. L’objectif est de faire découvrir des personnalités dont les parcours croisent, racontent ou éclairent le Sud. Ils peuvent être artistes, dirigeants, sportifs, chefs d’entreprise ou auteurs, connus ou non, mais capables de donner une autre vision du territoire, et toujours en lien avec une actualité, car Pile ou face reste une émission d’actualité.
Cette promesse s’incarne dès les premiers épisodes, que l’on vient de diffuser sur Youtube, avec Eric Fraticelli, figure de l’humour et du cinéma, dont le film Permis de détruire est sorti le 24 juin, et Giulia Foïs, journaliste et autrice, qui vient de publier Les filles de la librairie chez Flammarion, dont l’action se déroule à Nice. Le troisième épisode, prévu demain 1er juillet à 18 heures, sera consacré à Fabien Onteniente, réalisateur de Camping et 3 zéros, qui vient de publier Alors, on n’attend pas Fabien chez Stock.
Pourquoi l’émission s’appelle-t-elle Pile ou face ?
D.C. Parce que la conversation comporte une petite spécificité : au milieu de l’entretien, je donne une pièce à l’invité, qui la lance à quatre reprises. Le hasard tranche entre deux directions possibles : la réussite ou le doute, ce que l’on montre ou ce que l’on tait, la fierté ou le regret, le parcours public ou la part plus intime. Cela apporte surprise et imprévu.
Quel est le rythme de diffusion ?
D.C. Nous commençons cet été par deux entretiens par mois, mais l’objectif est d’adopter un rythme hebdomadaire à partir de la rentrée. La conversation sera annoncée très en amont, diffusée d’abord sur Youtube, puis prolongée en extraits et en séquences fortes, sur les réseaux sociaux.
A qui cherchez-vous à vous adresser et quel est votre modèle économique ?
D.C. Pile ou face s’adresse à tous les publics, mais la diffusion sur Youtube et les réseaux sociaux permet évidemment de toucher une cible plus jeune. Le modèle économique, lui, est lié à l’audience, pour séduire sponsors ou partenaires autour de l’émission. Pour l’instant, je n’ai pas d’objectif précis. Ce dont je suis convaincu, c’est que la vidéo apporte une nouvelle façon de pratiquer le journalisme, et que le journalisme a sa place sur ces nouvelles plateformes.
Propos recueillis par Didier Falcand




