Spécial congrès de la Wan-Ifra de Marseille
Un double enjeu politique et business pour l’Alliance
Le 77ème congrès mondial des éditeurs de presse, organisé par la Wan-Ifra, aura lieu à Marseille du 1er au 3 juin. Partenaire média de l’événement, les Clés de la presse vous en décrypte régulièrement les enjeux dans cette newsletter. Aujourd’hui, c’est l’Alliance de la presse d’information générale qui nous explique pourquoi elle mobilise ses adhérents autour de cet événement. « Ce congrès est à la fois l’occasion de faire passer des messages à l’attention du politique et de découvrir les bonnes pratiques des éditeurs à l’international », nous précise son directeur général, Pierre Petillault.
Une bonne occasion d’interpeller les pouvoirs publics
Porter « une voix forte, claire et constructive en faveur de la presse d’information générale auprès des pouvoirs publics et des parties prenantes du secteur » constitue l’une des principales missions de l’Alliance, et ce congrès de la Wan-Ifra est le lieu idéal pour le faire. « On assiste depuis un an à une accélération de la crise de la presse avec une baisse très forte de ses recettes publicitaires et une accumulation de plans de départ et de plans sociaux, souligne Pierre Petillault. Ce congrès va nous permettre d’attirer l’attention du politique là-dessus ». Soit à travers la rencontre des représentants français et européens présents sur place, soit en les faisant venir aux événements (soirée festive ou matinées plus techniques) que l’Alliance est en train de programmer.
Un modèle de négociation collective à valoriser
Les trois jours à Marseille vont aussi permettre de montrer la force de négociation collective de l’Alliance, « à l’heure où l’intelligence artificielle transforme en profondeur notre industrie et où les démocraties du monde entier font face à des défis informationnels sans précédent, poursuit-il. La France a été à l’avant-garde du combat pour le partage de la valeur en ligne : pionnière dans la mise en œuvre des droits voisins, en pointe sur la transparence de l’IA et la responsabilisation des plateformes. Le congrès offre une occasion unique de partager ces expériences avec nos pairs internationaux et de construire collectivement le cadre qui permettra au journalisme non seulement de survivre, mais de prospérer à l’ère de l’IA ». Contrairement à l’étranger, il existe en France des organisations représentatives capables, comme l’Alliance, le SEPM ou la FNPS, de négocier autant pour les gros que les petits éditeurs. « Le partage de valeurs avec les plateformes est un sujet que l’on va pousser ».
Un partage de bonnes pratiques
Enfin, le congrès est aussi un lieu idéal de partage des bonnes pratiques, notamment sur les sujets de transformation. « Les éditeurs prennent le temps d’entrer dans le détail, pour expliquer comment ils se sont transformés, pourquoi, les problèmes rencontrés, les organisations mises en place et tout ce qui a été construit entre les rédactions et les services numériques. C’est un véritable atout ».
En amont, l’Alliance avait aussi aiguillé la Wan-Ifra dans le choix des bons intervenants français à mettre en avant dans la programmation, « et donner un peu de granularité au paysage français ». En interne, l’événement est aussi l’occasion d’harmoniser les discours et de construire « une vision commune du paysage informationnel français », mais aussi de mobiliser les éditeurs. Et, visiblement, ça marche, puisqu’ils seront nombreux à faire le déplacement à Marseille, y compris de la part des rédactions
Didier Falcand




