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Canal+ contre-attaque

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Canal+ contre-attaque

Coup de grisou lors du festival de Cannes. Le président du directoire de Canal+ a annoncé, le 17 mai, qu’il ne souhaitait plus que son groupe continue de travailler avec les signataires d’une pétition contre son actionnaire, Vincent Bolloré. « J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, et dans toute la diversité de ses choix, a-t-il dit. Et en conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition ». Publiée à l’ouverture du festival de Cannes, la pétition, signée notamment par Juliette Binoche et Swann Arlaud, dénonce « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le cinéma par l’intermédiaire de Vincent Bolloré, qui fait déjà l’objet d’une fronde dans l’édition menée par quelque 200 auteurs publiés chez Grasset. « En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif », écrivaient les signataires qui comptent des producteurs, exploitants de cinéma, cinéastes, techniciens et comédiens.

Dans sa prise de parole, Maxime Saada assure que cette tribune revient à qualifier les équipes de Canal+ de « crypto-fascistes ». « Eh bien moi, je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste, je suis désolé, la limite, pour moi elle est là ». La pétition s’alarmait notamment de la volonté du groupe Canal+ de s’emparer de la totalité du capital d’UGC, le réseau de salles de cinéma dont il a acquis 34% en septembre. Cette tribune a jusque-là rencontré un écho limité auprès des professionnels interrogés cette semaine par l’AFP, beaucoup d’entre eux peinant à déceler un changement de ligne idéologique au sein de Canal+, tout en s’inquiétant d’une baisse globale des financements. Aux termes d’un accord scellé en janvier 2025, le groupe Canal+ s’est engagé à allouer jusqu’à 170 millions d’euros par an au cinéma français d’ici à 2027, contre 220 millions auparavant.

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