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L’Alliance remet les aides à la presse française dans une perspective internationale

Publié le

Une étude passée au crible

L’Alliance remet les aides à la presse française dans une perspective internationale

A l’heure où les aides à la presse sont parfois contestées par la classe politique, voire le grand public, l’Alliance de la presse d’information générale vient de publier les résultats d’une étude, commandée à la Wan-Ifra, qui tendent à démontrer que la France se situe Une façon pour les éditeurs de faire preuve de pédagogie et de rappeler combien elles sont essentielles dans leur modèle économique.

Une pratique commune en Europe

Selon cette étude, réalisée pour le compte de l’Alliance dans dix pays (Australie, Autriche, Canada, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Suède et Royaume-Uni), le soutien public aux médias d’information est une réalité dans tous les pays étudiés : chacun d’entre eux a mis en place des dispositifs de soutien, qu’ils soient directs (subventions) ou indirects (TVA réduite, crédits d’impôt). « Cette universalité témoigne d’une vision partagée, souligne-t-on à l’Alliance. L’information, bien économique produit par les entreprises privées, a un caractère d’intérêt général qui mérite d’être soutenu ».

Pas davantage d’aides en France qu’ailleurs

Autre enseignement, le niveau des aides françaises n’est pas particulièrement élevé, il se situe dans la moyenne européenne. En ratio par habitant, les aides directes s’élèvent à 3,47 euros en France, contre 6,77 euros en Suède, 6,23 euros en Norvège ou 5,23 euros en Autriche. Autre résultat de l’étude qui tend à combattre une idée reçue, « le taux réduit de TVA (2,1% en France) se situe dans la moyenne basse : la Norvège et le Royaume-Uni appliquent un taux zéro, quand d’autres pays comme le Portugal, la Suède (6%) ou l’Allemagne (7%) ont fait le choix de taux réduits plus élevés ».

De même, les montants d’aide directe par média (491 670 euros en France) seraient comparables à ceux de l’Autriche (444 340 euros) ou de la Suède (427 700euros). « Ce qui distingue le modèle français est surtout le nombre significativement plus important de bénéficiaires (480 contre 106 en Autriche et 166 en Suède), signe d’un paysage médiatique particulièrement diversifié qui constitue une richesse pour notre démocratie ».

Des dispositifs étrangers à étudier

L’Alliance met également en avant « plusieurs mécanismes qui pourraient inspirer les réflexions sur le système français ». Exemple, le Canada a mis en place un crédit d’impôt de 25% sur les salaires des journalistes (plafonné à 56 700 euros par journaliste), quand l’Autriche a opté pour une prime forfaitaire de 8 000 euros pour les 30 premiers emplois de journalistes d’une rédaction. Pour stimuler la demande d’information chez les jeunes, l’Autriche propose aussi une aide publique de 150 euros par an pour les 16-30 ans souhaitant s’abonner à un média. De son côté, le Portugal privilégie l’incitation fiscale, avec une déduction de 15% sur les abonnements au bénéfice des lecteurs, quand l’Italie mise sur l’éducation aux médias en finançant jusqu’à 90% des abonnements des établissements scolaires.

Le fléchage des revenus publicitaires existe déjà à l’étranger

Cette mesure, qui figure parmi les recommandations des Etats généraux de l’information, existe déjà en Italie avec le fléchage des investissements publicitaires publics : l’Italie impose qu’au moins 50% des budgets publicitaires d’Etat aillent vers les médias d’information, le Portugal fixe un minimum de 25% avec une bonification pour les médias régionaux et le Royaume-Uni a également adopté une pratique similaire. Le Canada a, lui, instauré un crédit d’impôt sur les dépenses publicitaires des entreprises dont le support vise un public canadien.

Chloé Fournier

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